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Appel
pour la reconnaissance et la protection
des qualités propres au bâti ancien
dans l’évaluation énergétique de l’habitat
Manifeste
du 28 Février 2006
Une juste
préoccupation conduit aujourd’hui les pouvoirs publics et la communauté
nationale vers la recherche des économies d’énergie dans le bâtiment.
La loi "de simplification du droit" (n°2004-1343 du 9/12/2004) transpose
donc en droit français une directive européenne et rend obligatoire
l’établissement d’un diagnostic et d’un certificat de performance énergétique,
à partir de juillet 2006 pour les vendeurs d’immeubles, et à partir
de juillet 2007 pour les bailleurs*.
Les textes d’application sont en préparation.
Il est prévu que ce diagnostic soit accompagné de recommandations destinées
à améliorer les performances énergétiques du bâtiment.
Les signataires
de ce manifeste ne désapprouvent pas cette orientation mais demandent,
avec la plus grande fermeté que les critères d’évaluation prennent en
compte le type des bâtiments : bâti contemporain ou bâti ancien.
Le
bâti contemporain.
Ses techniques de construction, telles qu’elles sont pratiquées
aujourd’hui, tendent à l’isoler de son environnement, en le rendant
le plus possible imperméable à l’eau et à l’air. La ventilation est
maîtrisée, souvent forcée, ses matériaux sont majoritairement issus
de l’industrie.
Le
bâti ancien.
Par ses modalités d’implantation bioclimatiques, par ses matériaux beaucoup
plus économes d’énergie dans leur production (pierre, bois, terre cuite
et crue, végétaux) présente souvent des qualités d’isolation largement
équivalentes à la plupart des matériaux contemporains. Il participe
à son écosystème par une interaction permanente avec son environnement.
Sa masse est maintenue dans un équilibre hygrométrique délicat où entre
sa capacité à laisser migrer la vapeur d’eau de l’intérieur vers l’extérieur,
permettant par exemple son évaporation génératrice de fraîcheur en saison
chaude.
Toute isolation sans réflexion préalable et utilisant les techniques
du bâti contemporain sur le bâti ancien a pour conséquence immédiate
de lui faire perdre ses qualités naturelles de respiration et de maintenir
l’humidité dans l’espace confiné qu’un surcroît de chauffage et une
ventilation artificielle ne parviennent qu’imparfaitement à éliminer.
La santé, le bien-être des habitants et la longévité du bâtiment sont
compromis. L'expérience prouve que l'apparition des condensations favorise
le développement des moisissures et des champignons.
Le diagnostic
des performances énergétiques d’un logement en bâti ancien qui ne tiendrait
pas compte de cette différence fondamentale, et serait établi selon
des techniques applicables au seul bâti contemporain, aurait pour conséquences
de déprécier lourdement le bâti ancien maintenu en son état naturel
et d’inciter à la pratique de travaux d’isolation inadaptés.
source
: FNASSEM
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